Emmanuel Macron : de Jupiter à Vulcain

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Au cours de l’entretien télévisé du 14 juillet, le Président Macron a estimé, sur un ton badin, qu’il ne se voyait plus dans la peau du dieu romain Jupiter – ce qui était, pourtant, le cas lors de son entrée à l’Elysée, en mai 2017 –, mais plutôt dans celle de Vulcain, dieu du feu, des volcans et de la forge. Ainsi, ne se sentirait-il plus en mesure de gouverner la terre, le ciel et les vivants, tel le fils de Saturne qui aimait aussi faire jaillir la foudre ? En revanche, il a su, tout au long de son premier mandat, ô combien sentir l’odeur de la poudre, rester sur les bons rails pour en remettre toujours une couche. La stratégie de la tension, du conflit permanent. Mais surtout, l’art d’angoisser, de se nourrir des crises – économiques, financières, géopolitiques, « climatiques », etc. – comme ce fut le cas lors de la dernière séquence électorale, de la présidentielle aux législatives.

En effet, Vulcain, désormais, a tenté de redorer son blason en conviant Anne-Claire Coudray, de TF1, et Caroline Roux, de France 5, également l’épouse de Monsieur Facebook France, Laurent Solly. Par conséquent, on était dans l’extrême flagornerie, juste de quoi donner une idée de l’infini. Vulcain a, donc, assumé ses liens avec les géants américains du numérique, à l’image de Barack Obama, l’ancien locataire de la Maison Blanche entre 2009 et 2017. Certes, les « Uber files », documents de la société californienne de VTC (dont le contenu a été révélé par Le Monde, le 10 juillet) peuvent-ils affecter notre gouverneur sans gouvernail ?

Lorsqu’il était ministre de l’économie, de 2014 à 2016, Macron tenait à offrir une nouvelle perspective d’avenir à notre belle jeunesse, des « chances pour la France », dixit le progressiste. « Des milliers de jeunes venant de quartiers difficiles à qui on ne donnait même pas de réponses à leurs CV qui ont été embauchés par les VTC », a-t-il affirmé avec un culot d’acier. Évidemment, le raisonnement devrait être le même à l’endroit d’Uber Eats : fermer les yeux devant les marchés parallèles et des stupéfiants et des êtres humains. Dans son élan, notre Manager va au bout de sa logique : « il n’y a pas de modèle social s’il n’y a pas du travail pour le financer ». D’où une réforme du Revenu de solidarité active à venir, en dépit du fait qu’il n’a plus la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

En effet, Jupiter était déjà passé maître dans l’art de masquer son impuissance, à mettre en scène tant l’inquiétude du moment que lui-même. Il n’est pas Antoine Roquentin, le héros de La nausée, qui disait : « je suis plein d’angoisse : le moindre geste m’engage ». Seulement, quel engagement prendre quand on ne dispose ni de pouvoir ni de responsabilité ? Du reste, sera-t-il vraiment aisé de faire admettre aux Français les hausses exponentielles des prix des produits de première nécessité, hausses qui sont la conséquence directe des interminables confinements anti-Covid, l’inflation étant toujours inhérente à une reprise de la demande, mais corrélée à une lente reprise de la production ? Et que va faire Vulcain pour juguler l’inflation devenue durable, guerre en Ukraine oblige, guerre que les otanistes ont savamment provoquée en humiliant la Russie ? Dans ce contexte, « l’urgence climatique » est un bon prétexte pour imposer au peuple une « sobriété énergétique »… Oui, nous ne sommes plus sur Jupiter, mais sur Vulcain ! La planète où le réel n’existe pas, où tout est « réinvention », où les rats sont des « surmulots » et les « tirs de mortiers » des feux d’artifice. La Grande illusion.

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