Macron, deux ans : le bilan

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À l’instant d’être porté à la magistrature suprême, Emmanuel Macron avait promis la fin de l’ancien monde et nous avait assuré l’avènement d’un monde nouveau. Il ne garantissait pas seulement le développement de nouvelles technologies dans tous les domaines de la vie mais, surtout, il se proposait d’établir une République exemplaire. C’est-à-dire que nous étions en droit d’attendre tout le contraire de ce que nous avions connu par le passé. Exit Cahuzac, Gaymard, DSK ou autres Thévenoud et Urvoas, la liste étant bien longue de tous ces ministres dont le dévoiement alimenta la suspicion des Français à l’égard des élites. C’était bien à une purification du débat politique et public que nous allions assister. Une purification par l’exclusion de tous les spoliateurs de la démocratie et par l’établissement de règles destinées à empêcher un retour en arrière.

Sa méthode, simple et novatrice, comme il se doit pour un chantre de la modernité, s’est prévalue de deux règles fondamentales.
La première a consisté à se débarrasser de toutes les anciennes figures, coupables d’une trop grande implication dans le paysage de la gouvernance passée. Aussi, l’aréopage des nouveaux dirigeants et autres conseillers se déclina telle une distribution d’acteurs inconnus. En effet, hormis deux ou trois convertis, totalement assimilés à la nouvelle mouvance progressiste autant que frustrés par leur exil jusqu’ici sans retour, tous n’étaient que des néophytes parfois aussi naïfs qu’incompétents, bien que tous issus des fabriques d’élites estampillées.

Par ailleurs, ces édiles d’un genre nouveau, pour montrer leur engagement purificateur, sous la férule de leur patron et mentor, s’attachèrent sans attendre à légiférer à tout va. C’est ainsi que fut votée la loi contre la « manipulation de l’information ». Il faut dire les « fake news », c’est plus actuel !




Comme l’aurait dit Coluche, Macron a voulu « laver plus blanc que blanc »… Sauf que la lessive n’a pas produit la blancheur espérée et que « le beau linge » a montré une grisaille persistante sous le voile de l’illusion vite envolée. En réalité, la République s’est délestée de ses acteurs porteurs de casseroles, mais seulement les plus médiatiques.

Il semblerait qu’en matière de mensonge ne soit condamnable que celui venant des réseaux sociaux, c’est-à-dire du petit peuple. Quand le futur Président accuse la France de « crime contre l’humanité », faut-il ne pas entendre la falsification historique ? Lorsqu’il affirme qu’il « n’y a pas de culture française », faut-il considérer que cela est une opinion neutre qui n’engage à rien ? Quand un de ses proches se trouve au cœur d’un scandale d’État, faut-il admettre que le chef de l’État peut impunément moquer et provoquer l’opinion publique pour le défendre ?

Quand un ministre de l’Intérieur, censé être au cœur névralgique de l’information, divulgue de fausses allégations à l’attention de l’opinion, peut-on penser qu’il puisse agir par maladresse et précipitation ?

La supercherie éclate aux yeux de tous, aujourd’hui. Le nouveau monde n’était qu’un leurre, qu’un simple slogan de campagne électorale. Cette élection fut une fausse route.

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