«Gilets jaunes»: la petite phrase de Macron sur la manifestante blessée fait polémique

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Jean-Luc Mélenchon voit du mépris dans la sortie du président, qui a souhaité un «prompt rétablissement» à la septuagénaire tout en estimant qu’elle n’avait rien à faire dans un périmètre interdit.

Les critiques ne se sont pas fait attendre. La «forme de sagesse» souhaitée par Emmanuel Macron à Geneviève Legay, militante septuagénaire grièvement blessée samedi à Nice, a suscité l’indignation d’une partie de l’opposition. Notamment à la France Insoumise (LFI) et au Parti communiste (PCF). «Monsieur Macron, notre Geneviève de Nice n’a pas besoin de vos leçons de sagesse. Vous auriez beaucoup à apprendre d’elle», a lancé lundi sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de LFI.

Dimanche soir, le président de la République a souhaité, dans les colonnes de Nice-Matin , «un prompt rétablissement» à la porte-parole de l’association altermondialiste Attac, tombée et grièvement blessée à la tête lors d’une charge policière pour disperser la foule, pendant une manifestation niçoise des «gilets jaunes». «Un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse», a ajouté Emmanuel Macron, en référence au caractère interdit de la manifestation. «Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci», a expliqué le chef de l’État au quotidien, après son dîner avec le président chinois Xi Jinping à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes).




«Il faut avoir un comportement responsable», a-t-il déclaré, soulignant que «cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre». Une version confirmée lundi par le procureur de Nice, qui a expliqué que Geneviève Legay n’a «pas été touchée intentionnellement» et n’a eu «aucun contact avec un agent de sécurité», mais est tombée après avoir été «poussée dans le dos par des personnes reculant dans un mouvement de foule face à l’avancée de ces forces de sécurité».

Remontés depuis le début des manifestations des «gilets jaunes» contre des «violences policières» présumées, des lieutenants de LFI décèlent dans ces propos une forme de mépris. «Macron est un barbare», s’est indignée la députée Mathilde Panot. Quant à Manon Aubry, tête de liste LFI aux européennes, elle a demandé au président de «(faire) preuve à son tour de sagesse en apportant des réponses politiques».

Même procès en dédain dans les rangs du PCF. Pour Ian Brossat, tête de liste communiste pour les européennes, «le président de la République est à deux doigts d’expliquer qu’elle l’a bien cherché». «Comment ose-t-il?», s’est-il insurgé sur Twitter. «Avec Macron, nos retraité-es sont tout juste bons à se taire et à accepter en silence de gagner moins, de travailler plus et plus longtemps», a enchéri le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.




L’avocat de la septuagénaire, Me Arié Halimi, a demandé lundi, sur LCI, des excuses au chef de l’État, estimant qu’«on ne peut pas se permettre ce type de propos assez grossiers vis-à-vis de nos aînés». La famille de la manifestante blessée et l’association Attac ont chacune porté plainte ce lundi, pour «violences volontaires en réunion avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique sur personne vulnérable». De son côté, le parquet de Nice a ouvert samedi après-midi «une enquête classique en recherche des causes des blessures». La Direction générale de la Police nationale a indiqué dimanche au Figaro que l’IGPN, «police des polices», «n’était à ce stade pas saisie de l’enquête».

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